De l’électricité et de la gravure 3 : Les « marqueurs »

Marqueurs taille-douce pour la gravure galvanique

L’intuition du siècle…

Dans ce nouveau article sur le thème de l’électricité et la gravure, épisode 3, c’est des marqueurs que je vous parle.

Vous avez sans doute consulté déjà l’article où je vous annonce rapidement l’utilisation d’un « feutre indélébile »  en guise de « vernis » pour l’Eau–forte–pas–forte–du–tout, (comme je m’amuse à appeler la gravure galvanique destinée à l’estampe en taille–douce) et l’intuition soudaine qui m’a révélé cette découverte.

Afin d’éviter toute confusion nous allons appeler ces crayons comme l’indique le dictionnaire Larousse, c’est à dire « marqueurs » et non pas feutres, mêmes si les feutres en Taille-douce nous les appelons déjà « langes »…

Le but est, donc, de choisir le marqueur aux performance le plus proches du vernis traditionnels (ceux à base de bitume) utilisés couramment dans l’eau−forte.

Mais pourquoi cette quête ?

Le vernis traditionnel fonctionne parfaitement et, cela, même dans cette technique peu orthodoxe qu’est la gravure galvanique.

Actuellement, nous connaissons bien les dangers présents dans les vernis à base de bitume, ainsi que ceux présents dans les solvants nécessaires pour  les diluer et les ôter.

Il va de soi que les techniques appelées no toxic ont la vocation de réduire toute toxicité pour l’opérateur et pour l’environnement.

De ce il m’est donc nécessaire d’identifier un produit avec des caractéristique bien précises :

  • isolant électrique (même en fine couche)
  • insoluble à l’eau
  • soluble avec un solvant à toxicité faible ou nulle (alcool ménager pour exemple)
  • de couleur opaque, sombre et contrasté au métal
  • présentant une surface qui ne s’oppose pas au passage de la pointe et dont il résultera un trait fin et net
  • compatible avec les métaux utilisées (pas corrosif, pas oxydant)

Marqueurs taille-douce pour la gravure galvanique (2)
Marqueurs taille-douce pour la gravure galvanique Marqueurs taille-douce pour la gravure galvanique (2)
De l'électricité et de la gravure 2 : Les marqueurs
donc

Mon choix pour les marqueurs s’est d’abord joué dans le champ de leur disponibilité sur le marché, inutile de chercher de produits rares, chers ou avec des caractéristiques de science-fiction.

Le premier, que j’ai acheté au hasard, fonctionne très bien, mais d’autres pourraient fonctionner mieux… parce que, au delà des caractéristiques déjà cités, un soucis me tracasse (parfois je suis impatient) : la facilité d’application.

Le vernis traditionnel liquide et, pire, celui solide demandent un soin « alchimique » pour que leur pose sur la plaque soit parfaite, dans cette aventure je me suis aussi  fixé comme objectif la simplification du processus, car moins de « passages » il y aura, moins de variables seront engagées, plus le résultat sera contrôlable, prévisible, répétable et correspondant à l’idée de l’artiste.

Avec l’utilisation des marqueur je m’approche à surmonter ces difficultés et les aléas caractérisant, jusqu’à présent, la protection de la plaque dans la gravure galvanique finalisée à l’estampe en taille-douce.

Cet avancement concerne aussi les problèmes affectants les autres produits alternatifs déjà utilisés dans cette même technique : vernis acryliques, produits de nettoyage/cirage pour le sol, gomme-laque… ces protections sont : soit transparentes, soit difficiles à ôter de la plaque et, de toute manière, nécessitent un ennuyeux dégraissage au préalable.


le test

Nous sommes confrontés, maintenant, avec un produit « moderne » dont la formule peut changer sans préavis et donc, tout ce qu’apparaît dans cet article pourrait ne plus être d’actualité dans les années à venir, pour cela nous ne devons pas arrêter notre recherche ou rester figés sur un seul choix et  il est nécessaire de préférer des marqueurs qui sont présents déjà depuis un certain temps sur les étalages :

  • Uni Pentel Pen N50 XL
  • Uni Pentel Pen N60
  • Uni Prockey
  • Bic Marking Onix
  • Bic Marking 2300 (ou 2000)
  • Staedtler Lumocolor Permanent Duo
  • Staedtler Lumocolor Permanent CD/DVD
  • Staedtler Lumocolor Permanent ordinaire

Trois marques leader pour 8 « crayons », je vous laisse regarder ma vidéo pour vous faire une idée des conditions dans lesquels le test s’est déroulé et pour un aperçu du résultat .



les résultats

Uni Pentel Pen N50 XL

Dommage, j’avais besoin d’un gros marqueur pour mes grandes plaques… bien opaque, son premier défaut est de laisser des toutes petites manques circulaires, comme si des micro bulles explosassent au séchage, il y aura un test de rattrapage avec une plaque non polie miroir, peut être le problème sera réduit.

Un autre défaut (qui est un avantage pour son utilisation courante) est que ce marqueur laisse une surface extrêmement brillante, formant un « miroir » noir sur lequel il est gênant dessiner… c’e n’est pas fini, pour moi le souci majeur est l’odeur, le solvant de ce marqueur n’est pas des plus anodins et la fiche de sécurité le désigne quand même toxique et à utiliser dans un lieu bien aéré.

Pour terminer, c’est vrais qu’il laisse des petits trous, en revanche il est dur à partir de la plaque, un trempage dans l’alcool est nécessaire, ce qui se traduit en un certain gaspillage et des difficultés certaines avec des grandes plaques.

Uni Pentel Pen N60

Même formule que le précédent, au moins d’après son odeur, il souffre des mêmes défauts.

Uni Prockey

Parfaitement opaque, ne laisse pas de défauts au passage, d’aspect mat, le passage de la pointe se fait sans problèmes et le trait est net, mais… c’est la grande déception de ce test, ce marqueur est inutilisable car « imperméable » à l’électricité.

Dans la vidéo, vous pouvez voir, quand je passe le sopalin pour essuyer la plaque de la solution électrolytique, avant même d’utiliser l’alcool, la zone couverte par ce marquer se nettoie sans difficultés.

Dommage : ce marqueur n’est pas exploitable.

Bic Marking Onix

Fonctionne bien mais son odeur rappelle sa toxicité en endroit fermée

Bic Marking 2300

Très bien, un peu délicat: il faut faire attention à ne pas abîmer la couche frottant sa propre main dessus en dessinant.

D’aspect pas trop brillant, suffisamment opaque, sa pose reste toutefois un peu compliquée, il faut avoir de la patience pour faire au moins deux , voire trois, passes sans dissoudre la couche précédente et il fait facilement des petites bulles qu’une fois éclatées laissent des trous.

Le produit n’a pratiquement pas d’odeur,  faisant partie de la ligne ECOlution de Bic, il est constitué de 51% de matériaux recyclés (à l’exception du système d’encre) et il n’est pas soumis à une fiche de sécurité.

Que demander de plus… le prix ? Vraiment pas cher du tout, disponible en grande surface et sur le net, en pointe plate biseautée et pointe ronde (Marking 2000).

Staedtler Lumocolor Permanent Duo

Fonctionne bien, malgré la présence de deux pointes il n’est pas pratique pour couvrir de grandes surfaces, une couche ne suffira pas, donc mieux l’utiliser pour les retouches.

Staedtler Lumocolor Permanent CD/DVD

Comme le précédent, mais il me semble plus isolant, le trait reste « propre » même en une seule couche.

Staedtler Lumocolor Permanent ordinaire

Plus facile à utiliser que le spécial CD/DVD, le reste pareil.


Par réel hasard, le grand vainqueur de ce test est le premier marqueur déjà utilisée dans ma première expérience, encore au hasard, il s’avère le moins cher et le plus écolo de la sélection.

Avec ce marqueur, qui est le Bic Marker 2300 (et le 2000 pointe ronde), j’utilise le Staedtler Lumocolor Permanent pour les retouches, et le Bic Onix, mais que pour protéger les bords de la plaque.


Le travail continue, je ne m’arrête pas là, je vous laisse regarder la troisième vidéo de cette « électrisante aventure » et je vous anticipe que le prochain article sera sur des solutions pour l’AMÉNAGEMENT de votre atelier avec des outils et du mobilier ressortis des magasins pas−SPÉCIALISÉs−du−tout.
Bientôt la vidéo sur YouTube.

Traversé par la lumière (Lumière ?) 2.0

traversé par la lumière Proca
traversé par la lumière Proca
Manticore – hile sur toile – 21 x 29,7 cm

Ce que nous voyons : les contours, les formes, les couleurs, rentrent à notre intérieur.

C’est une pénétration « physique », car il s’agit de lumière, donc d’ondes électromagnétiques, traversant la cornée de notre œil et que la retine transforme en signaux électriques.

Définir le mot « imagination » : le nerf optique transmet les signaux au cerveau.

Ici les informations reçues son élaborées pour « reconstruire l’image » du sujet réel. Donc toute la réalité nous entourant est reconstitué dans une image « imaginé » par notre cerveau pour nous en donner la perception.

En synthèse:

Les rayons lumineux touchent la surface des objets rebondissant de touts les côtés, ce n’est donc que le « reflet » de la réalité qui frappera la rétine, cette dernière produit le signal électrique que le cerveau « range » créant une image à notre intérieur représentative des objets placés à l’extérieur de notre corps.

De même font toutes les manifestations physiques venant de l’espace nous entourant et venant de notre corps aussi : les sons (et voix), les sensations du toucher, les odeurs, les saveurs…

La complexité des informations reçues par notre cerveau, inévitablement, implique l’apparition d’émotions interférant avec le « rendu » de la perception qu’elle ne sera donc pas fidèle à la réalité, donc très subjective.

L’homme, pour communiquer vers l’extérieur de soi-même, utilise la voix et les gestes : Parler, chanter, écrire, dessiner, modeler…  le tout assaisonné d’interjections, mimique faciale, gestuelle posturale, nous en déduisons que « l’expression humaine n’est ni neutre ni objective ».

Comme toute expression humaine, l’œuvre de l’artiste visuel qu’il soit d’une mouvance figurative, abstraite ou conceptuelle, est le résultat de la captation, de la filtration et du mélange des stimulations sensorielles provenant de son environnement, sans limites d’amplitude temporelle (souvenirs, prévisions) et psycho-physique (douleur ou plaisir).

Nous pouvons facilement imaginer le chemin qui peut faire une image, une émotion, un souvenir s’entrechoquant dans le cerveau de l’artiste commandant la main délinéant formes et couleurs… c’est un vrais chemin traversant le corps humain.

La merveilleuse transmutation:

Un rayon impalpable rebondit
perçant la cornée, nage, s’écrase
imprimant une rétine qu’électricité en fait
1 079 252 848,8 de kilomètres à l’heure
vite le cerveau fait ce qu’il peut
et la main dessine

Lorenzo Proca
Paris 6 décembre 2017

 

Abstraktion macht frei !

 

Quoi de plus simple que de faire de l’abstrait.

Si l’abstrait est tel, donc intangible, sa nature l’oblige à rester exclusivement un « concept ».

Le seul fait de réaliser l’image d’une idée abstraite, afin qu’autre que le concepteur puisse la voir, accomplit la « concrétisation » de cette idée, de conséquence il n’y a plus d’abstraction quand l’idée devienne visible, « réelle » .

L’Art Abstrait est la représentation d’un concept, s’agit d’une « tentative de matérialisation de la pensée ». Oui, une tentative, car nous ne disposons pas (malgré le progrès et la diffusion de l’informatique) d’outils idoines à transmettre directement des concept du cerveau de l’artistes à ceux des spectateurs… pour le moment.

Traversé par la lumière

Proca
Proca
Détail

La figure, l’image, la forme, par le moyen de la lumière, rentre physiquement en nous, il s’agit bien d’ondes électromagnétiques que notre œil transforme en impulsions électriques, celles-ci est transportés par le nerf optiques dans le cerveau où, l’image, (nous croyons) redevienne telle. De même font les sons et les émotions que finalement se mélangent et interfèrent entre eux… cela n’est pas sans conséquences. Donc les rayons lumineux touchent la surface des objets et rebondissent des tous côtés, donc le « reflet » de la réalité frappe la rétine qu’elle produit les impulsions électriques pour le cerveaux, qui lui les range comme nouvelle Figure, nouvelle Image, nouvelle Forme « semblant du réel », quand elle ressort par main d’artiste nous pouvons affirmer que l’image a bien traversé physiquement et psychologiquement l’homme car d’un côté est entré (l’œil) et d’un autre est sortie (la main) passant pas le cerveaux.